viernes, 20 de mayo de 2011

Conquête 500 ans: la mémoire qu'ils n'ont pu détruire.

   Maiatzaren 6an, 1512-2012 Nafarroa Bizirik ekimenak "Konkistak, 500 urte: Deuseztatu ezin izan duten oroimena" liburuaren euskara-frantsesa edizioaren aurkezpena egin zuen Baionan. Beraz, frantsesa mintzatzen edota ikasten ari den orok badu aukera polita Nafarroaren gertakari historiko horietan murgiltzeko. Hona hemen Le Journal du Pays Basque egunkarirako idatzitako artikulua.

Conquête, 500 ans : La mémoire qu’ils n’ont pu détruire

2011n argitaratua.
1512. Les évènements qui se produisirent cette année-là changèrent l'histoire de notre pays. Ce qui restait du royaume indépendant de Navarre fut attaqué par plus de 10.000 soldats de Ferdinand d'Aragon, surnommé "le Catholique", qui contrôlait les couronnes d'Aragon et de Castille et qui était qualifié de “roi des Espagnes” dans quelques documents.
Ces évènements ont provoqué un débat qui dure depuis presque cinq siècles. La version officielle nie qu’il s'agît d'une conquête et relativise la viabilité de la Navarre comme État indépendant. Ils insinuent que la Navarre était au bord de l'effondrement et que, de ce fait, l'intervention espagnole s'est limitée à accélérer l'inévitable. Ils en sont arrivés à affirmer que l'invasion a été providentielle parce qu'elle a sauvé la Navarre de la mainmise du royaume de France ou de se saigner en une interminable guerre civile.
On nous a parlé de pactes, d'annexions librement consenties, de redditions volontaires. Mais tous ceux qui ont analysé honnêtement les faits, sont parvenus à la même conclusion: ce fut une invasion. Comme nous le voyons dans les pages du livre «Conquête, 500 ans: la mémoire qu’ils n’ont pu détruire», publié en basque et en français par “Initiative 1512-2012 Nafarroa Bizirik », ils ont voulu occulter par ces mensonges l'agression que subit Navarre en 1512 et qui n’était que la poursuite de celles qu'elle avait déjà endurées auparavant. Ce fut vulgairement une conquête militaire.
La discussion à propos de ce qui s'est véritablement passé dépasse les limites de l'historiographie pour se convertir en un débat primordial sur la nature des relations entre notre pays et les États espagnol et français. Malgré que se soient écoulés 500 ans, essayer de continuer à justifier cette invasion, c'est, en quelque sorte, justifier la violence. En 1512 il s'est produit quelque chose de traumatique que l'on ne peut oublier et de se demander : quelle communauté européenne pourrait se constituer sur la base d'annexions opérées par la force?
Les manipulations de l'histoire par le pouvoir ont été et sont habituelles. Notre histoire n'est pas une exception; elle a été écrite par les vainqueurs, ou par ceux qui collaborèrent à la soumission des vaincus. L’histoire est écrite par les vainqueurs : ils paient les chroniqueurs, financent les congrès académiques et décident du contenu des manuels scolaires. Qui veut prospérer sait parfaitement quelle histoire conter; il s'agit de nourrir la chaîne de mensonges et de falsifications sur laquelle est assis le système de domination. 
Marrazkia: Tasio.
Les vainqueurs et leurs collaborateurs ont voulu effacer de notre mémoire collective que nous fûmes un État indépendant, qu’on le dénommât royaume de Pampelune ou de Navarre. Ce fut l'État du pays de l'euskara, d'Euskal Herria, détruit délibérément par les monarchies espagnole et française. Pour comprendre l'évolution politique, juridique, économique et culturelle d'Euskal Herria il est nécessaire d'appréhender l'expérience historique vécue durant le royaume de Navarre.
2012, le cinquième centenaire de la conquête de 1512, constitue une bonne occasion de recouvrer la mémoire de notre passé et de renouer avec nos racines. Afin que chacun choisisse son point de vue et tire ses propres conclusions, tout un chacun doit pouvoir se faire sa propre opinion en prenant connaissance des faits et en démontant les falsifications avec lesquelles on a voulu les habiller. Un peuple qui ne connaît pas son passé est aisément manipulable. Un peuple auquel on a caché ses racines et son parcours historique est, en quelque sorte, mutilé et se trouve plus exposé à être de nouveau trompé. C'est pourquoi, connaître le passé est une nécessité et une manière d'affirmer notre volonté de maîtriser notre futur.

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